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RDC/Justice : 51 ans après le Général Masiala, la mort de Général Likulia ravive un étrange parallèle coïncidence dans l’histoire de la justice militaire congolaise

Cinquante et un ans séparent deux drames qui, par leur contexte, font aujourd’hui ressurgir une page particulièrement marquante de l’histoire de la justice militaire congolaise. Le 2 septembre 1975, le général Léopold Masiala Kinkela Kulu Kangala trouvait la mort dans un accident d’hélicoptère à Wombo, dans l’actuel Kongo-Central. Le 25 septembre 2026, le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, Auditeur général des FARDC, est décédé dans le crash d’un avion à Kenge, dans la province du Kwango.

Le rapprochement est d’autant plus saisissant que les deux officiers occupaient des responsabilités importantes dans l’appareil judiciaire militaire et étaient associés à des procédures sensibles impliquant de hauts responsables militaires.

Masiala, une disparition survenue après un procès retentissant

En août 1975, le général Masiala avait présidé le conseil de guerre chargé de juger 41 officiers accusés d’avoir participé à un projet de coup d’État contre le président Mobutu. Le 1er septembre, sept officiers avaient été condamnés à mort.

Le lendemain, 2 septembre 1975, Masiala disparaissait dans un accident d’hélicoptère à Wombo. Le quotidien français Le Monde, dans son édition du 8 septembre 1975, rapportait notamment que le général, président du tribunal militaire d’exception, avait disparu dans cet accident au lendemain des condamnations.

Les circonstances exactes de cet accident ont, depuis, alimenté différentes versions et récits. Ces interprétations historiques ne permettent toutefois pas, à elles seules, d’établir une conclusion définitive sur les causes du crash.

Likulia, figure centrale du procès Tshiwewe

Cinquante et un ans plus tard, c’est au tour du lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, Auditeur général des FARDC, de disparaître brutalement dans un accident aérien.

Au moment du drame, Likulia était une figure centrale de l’appareil judiciaire militaire congolais. Il était notamment impliqué dans la procédure opposant le ministère public militaire à plusieurs hauts gradés, dont l’ancien chef d’état-major général des FARDC, Christian Tshiwewe Songesa.

Dans ce dossier, les prévenus sont poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation, notamment le complot, la trahison, l’apologie du terrorisme, la propagation de faux bruits, la violation des consignes, ainsi que la détention illégale d’armes et de munitions de guerre.

Le premier président de la Haute Cour militaire, le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalay Tiende, occupait également une place centrale dans cette procédure. Il est lui aussi décédé dans le crash survenu à Kenge, selon les informations rapportées ce 25 septembre 2026.

Deux époques, deux crashes, un parallèle historique

La comparaison entre les deux événements repose donc sur plusieurs similitudes : deux hauts responsables de la justice militaire, deux périodes marquées par des affaires sensibles mettant en cause des militaires de haut rang et, à plusieurs décennies d’intervalle, une disparition dans un accident aérien.

Mais l’histoire impose également de la prudence. Les circonstances du crash de 2026 devront être établies par les enquêtes compétentes. Le simple rapprochement avec la disparition de Masiala en 1975 ne permet pas d’établir un lien entre les deux événements ni de conclure à une quelconque répétition historique.

Reste que cette coïncidence tragique ne manque pas de frapper les esprits. En RDC, la disparition de Lucien-René Likulia Bakumi et de Joseph Mutombo Katalay intervient alors que la justice militaire se trouve engagée dans plusieurs procédures particulièrement sensibles.

À 51 ans d’intervalle, deux épisodes distincts de l’histoire congolaise se retrouvent ainsi reliés par une même image : celle de hauts responsables de la justice militaire dont le parcours s’achève brutalement dans un accident aérien. Une troublante coïncidence historique, dont les circonstances du drame de Kenge devront désormais être éclaircies par les investigations officielles.