Le secrétaire général et président intérimaire de l’UDPS, Augustin Kabuya, a lancé dimanche de graves accusations contre les leaders de l’opposition, les tenant pour responsables d’un prétendu projet de déstabilisation du pays à travers le sit-in organisé récemment à Kinshasa.
S’exprimant lors d’un meeting populaire tenu au siège de l’UDPS à Limete, Augustin Kabuya a affirmé que certains responsables de l’opposition auraient recruté des miliciens Mobondo, groupe armé actif dans l’espace Grand Bandundu, en leur fournissant des armes blanches dans le but de provoquer des violences.
Selon lui, ces individus auraient été mobilisés pour mettre le feu au Palais du Peuple et créer un climat d’insécurité susceptible d’entraîner une insurrection.
« L’opposition a créé sa propre Force du Progrès », a déclaré le dirigeant de l’UDPS, en réponse aux critiques visant cette structure de jeunes proche du parti présidentiel, régulièrement accusée par ses détracteurs d’actes d’intimidation et de violences lors des manifestations politiques.
Au cours de son intervention, Augustin Kabuya a également cité plusieurs figures de l’opposition, notamment Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund. Il a soutenu que ces derniers auraient bénéficié d’un financement de la part de l’ancien président Joseph Kabila et du sénateur Moïse Katumbi pour organiser le sit-in de la coalition C64, dispersé vendredi par les forces de l’ordre.
Le président intérimaire de l’UDPS a par ailleurs mis en doute les blessures exhibées par certains opposants à l’issue de la manifestation. Il a affirmé que celles-ci relevaient d’une mise en scène destinée à susciter l’émotion de l’opinion publique.
« Ils ont utilisé de la tomate sur des chemises blanches pour simuler des plaies », a-t-il déclaré devant les militants, sans présenter d’éléments de preuve à l’appui de cette accusation.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de forte tension politique à Kinshasa, deux jours après les incidents ayant marqué le sit-in de l’opposition. Jusqu’à présent, les personnalités visées par les accusations d’Augustin Kabuya n’avaient pas officiellement réagi à ses propos.
