À Lubumbashi, le DG du Cadastre Minier a posé les bases d’une révolution silencieuse : des études de faisabilité irréprochables et un cadastre 100% digital pour en finir avec l’approximation et attirer les capitaux. La transparence devient la nouvelle arme économique du pays.

Le temps des dossiers légers est révolu. C’est l’avertissement lancé par Popol Mabolia, Directeur général du Cadastre Minier (CAMI), en marge de la 21ᵉ édition de la DRC Mining Week. Après un passage percutant au panel sur la bancabilité des projets, il a dévoilé sa doctrine : la compétitivité de la RDC passera par la donnée propre et une administration sans papier.
1. L’étude de faisabilité passe au grade de juge de paix
Questionné sur son cheval de bataille au panel, Popol Mabolia ne transige pas : « Une étude de faisabilité, ce n’est pas un formulaire administratif. C’est l’ADN d’un projet minier moderne ».
Pour le patron du CAMI, ce document doit tout dire : potentiel géologique, choix techniques, modèle économique, impact environnemental, viabilité sociale. Sa robustesse décide si les capitaux entrent ou fuient. Et dans un marché où les cours jouent aux montagnes russes, « ne pas actualiser son étude, c’est piloter à l’aveugle ». Des chiffres frais, c’est aussi la clé pour appliquer le Code minier et déclencher, quand il le faut, le partage des revenus exceptionnels.
2. Le grand basculement numérique du Cadastre
Deuxième axe : tuer la paperasse. Le CAMI accélère la digitalisation de ses services avec un triple objectif. Primo, instaurer une transparence totale. Secundo, blinder la sécurité des données minières. Tertio, ouvrir l’information à tous les opérateurs, du junior au major.
Résultat attendu : un climat d’affaires prévisible, aux normes mondiales, et une gestion des titres miniers sans friction. « Moins de lenteurs, une traçabilité totale, plus aucune zone d’ombre », résume Mabolia.
3. Un cadastre qui va vers l’opérateur : guichet physique, clic numérique
Le DG théorise le « cadastre de proximité ». Sur le terrain, cela donne des directions provinciales musclées. En ligne, des portails qui permettent de déposer, suivre et obtenir ses titres à distance.
L’idée : que l’investisseur à Kolwezi, Goma ou Kinshasa ait le même accès, la même rapidité, la même qualité de service. L’administration minière devient mobile, réactive, joignable.
4. L’équation gagnante : données fiables + transparence + digital
Popol Mabolia est clair : digitaliser ne suffit pas. Le nerf de la guerre, ce sont les données techniques qui fondent chaque dollar investi. « Des études de faisabilité solides, une transparence sans compromis et une administration innovante : voilà le trépied de la gouvernance minière performante », insiste-t-il.
Pour le DG du CAMI, c’est ce trépied qui doit ancrer durablement la RDC comme une puissance minière crédible et compétitive sur la carte mondiale.
Rédaction