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Procès FRIVAO : Chançard Bolukola affirme subir des menaces et craint pour sa sécurité

Le procès de l’ancien coordonnateur du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO), Chançard Bolukola, a pris une nouvelle tournure lors de l’audience du 16 juin. Devant la Cour, le prévenu a dénoncé des menaces répétées dont lui-même, sa famille et ses avocats seraient victimes depuis plusieurs semaines.

À la barre, Chançard Bolukola a indiqué avoir déjà saisi les autorités judiciaires au sujet de cette situation préoccupante. Selon lui, ces menaces ont été signalées au procureur il y a environ un mois.

« Il y a un mois, nous avons rencontré le procureur et nous lui avons fait part des menaces que nous subissons. Le même jour, mon frère a perdu la vie. Paix à son âme », a-t-il déclaré devant les juges.

Détenu à la prison centrale de Makala dans le cadre du dossier FRIVAO, l’ancien gestionnaire a également affirmé avoir reçu des intimidations directes au sein même de l’établissement pénitentiaire.

« J’ai reçu des menaces de la part d’un avocat qui est venu me voir trois fois à la prison centrale de Makala. Nous avons également reçu des menaces par appel, et je crains même pour ma famille », a-t-il soutenu.

Le prévenu a par ailleurs exprimé son inquiétude quant à la sécurité de son équipe de défense. Évoquant l’absence prolongée de son avocat-conseil principal, Maître Camille, il a laissé entendre que le climat entourant le dossier suscite de sérieuses préoccupations.

« Vous allez constater que parmi mes avocats, mon avocat-conseil, Maître Camille, ne se présente toujours pas, parce que son état de santé ne cesse de s’aggraver. J’ai peur aussi pour mes autres avocats », a-t-il ajouté.

Ces déclarations interviennent alors que le procès FRIVAO continue de susciter une forte attention de l’opinion publique. L’ancien coordonnateur est poursuivi pour des faits présumés de détournement de fonds destinés à l’indemnisation des victimes de la guerre des Six Jours de Kisangani. Le ministère public lui reproche notamment plusieurs décaissements et marchés publics jugés irréguliers, portant sur plusieurs millions de dollars.

Depuis le début de la procédure, Chançard Bolukola rejette les accusations de détournement et soutient avoir exécuté certaines décisions sur instruction de sa hiérarchie. Lors de précédentes audiences, il avait également dénoncé ce qu’il considère comme des irrégularités dans le traitement de son dossier et réclamé que les faits soient examinés sur la base de preuves vérifiées.

Les allégations de menaces formulées lors de l’audience du 16 juin n’ont, à ce stade, pas fait l’objet d’une confirmation officielle de la part des autorités judiciaires. Elles ajoutent toutefois une dimension sécuritaire à une affaire déjà sensible, liée à la gestion des fonds destinés aux victimes des conflits armés à Kisangani.

La Cour devrait poursuivre l’examen du dossier dans les prochaines audiences afin d’établir les responsabilités éventuelles dans cette affaire qui demeure l’un des procès financiers les plus suivis de l’année en République démocratique du Congo.

Mike Kaniki