photo illustrée par john Mulumba politique TV
À deux jours de la marche annoncée par l’opposition en République démocratique du Congo, le président Félix-Antoine Tshisekedi a signé une ordonnance portant création du Comité d’organisation préliminaire chargé de préparer le Dialogue national. Une initiative qui intervient dans un contexte politique marqué par les appels au dialogue, mais aussi par la perspective d’une nouvelle mobilisation de l’opposition.
Le processus vers la tenue d’un Dialogue national entre dans une nouvelle phase. Par une ordonnance présidentielle, Félix Tshisekedi a officiellement mis en place un Comité d’organisation préliminaire chargé de préparer les conditions matérielles, logistiques et organisationnelles nécessaires à la tenue de ces assises.
Selon les dispositions annoncées, le comité sera composé d’un coordonnateur, d’un coordonnateur adjoint ainsi que de plusieurs membres. Il sera appuyé par un Secrétariat technique chargé notamment d’accompagner les travaux préparatoires.
Le fonctionnement du Comité et de son Secrétariat technique sera pris en charge par le Trésor public. Le dispositif prévoit une dotation initiale du Chef de l’État, qui pourra être complétée par des subventions et autres allocations.
Les membres du Comité ainsi que les experts du Secrétariat technique bénéficieront par ailleurs d’une allocation forfaitaire mensuelle. Le montant de cette allocation devra être fixé par le Directeur de cabinet du Président de la République.
L’ordonnance encadre également la communication autour des travaux préparatoires. Les membres du Comité et les experts seront soumis à une obligation de confidentialité et de réserve jusqu’à la clôture du Dialogue national.
Toute communication publique relative aux travaux devra, selon les dispositions annoncées, être préalablement validée par la Présidence. Une mesure qui vise à centraliser la communication autour du processus et à éviter la diffusion d’informations non officiellement validées.
La prochaine étape sera désormais la désignation des personnalités appelées à occuper les différentes fonctions au sein de cette structure. Le choix du coordonnateur, de son adjoint et des autres membres devrait permettre de mesurer l’orientation que la Présidence entend donner à ce processus.
Cette annonce intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. Elle survient à deux jours d’une marche annoncée par l’opposition, qui entend maintenir la pression sur le pouvoir autour de ses revendications politiques.
Pour certains observateurs, la création de ce comité pourrait contribuer à modifier le rapport de force politique et éventuellement ouvrir la voie à une nouvelle discussion sur le calendrier de la mobilisation. L’opposition, de son côté, devra déterminer si cette nouvelle initiative présidentielle constitue une avancée suffisante pour revoir sa stratégie.
La manifestation annoncée intervient en effet après plusieurs reports évoqués ces derniers mois. Si un nouveau report devait être décidé, il s’agirait du troisième en l’espace de trois mois, ce qui pourrait poser la question de la capacité de l’opposition à maintenir durablement la mobilisation de ses sympathisants.
Mais pour l’heure, aucune conséquence automatique sur la marche ne découle de la création du comité. La balle reste donc dans le camp des organisateurs de la mobilisation, tandis que la Présidence poursuit la mise en place du mécanisme destiné à préparer le Dialogue national.
Entre ouverture d’un processus de dialogue et maintien de la pression dans la rue, les prochaines heures pourraient ainsi être décisives pour la suite du bras de fer politique en RDC.
Mike kaniki
