Le procès de la chanteuse congolaise Déborah Tshimpaka Mulanga, plus connue sous le nom de Rebo Tchulo, a franchi une nouvelle étape ce jeudi 6 août devant le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema. À l’issue des plaidoiries, le ministère public a requis une peine de 14 mois de servitude pénale principale contre l’artiste, poursuivie pour incitation de militaires à commettre des actes contraires à la loi et à la discipline des FARDC.
Le parquet militaire a également sollicité la condamnation de la prévenue au paiement des frais d’instance, tandis que la partie civile, représentant Kasaï Sadisa, réclame 250 000 dollars américains à titre de dommages et intérêts en réparation du préjudice subi.
Cette procédure judiciaire trouve son origine dans des faits remontant aux 17 et 18 avril 2026. Selon l’accusation, Kasaï Sadisa aurait été soupçonné d’avoir dérobé un sac appartenant à la chanteuse lors d’un tournage. Des militaires seraient ensuite intervenus et lui auraient infligé des actes de torture afin de lui extorquer des aveux. Une vidéo montrant les sévices avait largement circulé sur les réseaux sociaux, suscitant une vive émotion au sein de l’opinion publique.
Outre Rebo Tchulo, treize militaires, dont quatre en fuite, comparaissent également dans ce dossier. Ils sont poursuivis notamment pour torture, extorsion, concussion et violation des consignes militaires.
Au cours de l’instruction, le tribunal militaire avait autorisé l’exploitation des communications téléphoniques des différents prévenus afin de déterminer d’éventuels contacts entre eux au moment des faits, une mesure sollicitée par la partie civile dans le cadre des investigations.
Les réquisitions du ministère public ne constituent pas encore une condamnation. Il revient désormais au Tribunal militaire de Kinshasa/Ngaliema de délibérer avant de rendre son verdict dans une affaire qui continue de retenir l’attention de l’opinion publique congolaise.
Mike Kaniki
