Les agents du Service national mobilisés dans les opérations d’assainissement de la capitale ont reçu leur rémunération ce mercredi, selon des informations rapportées dans le cadre de leur déploiement à Kinshasa. Une étape qui vient reconnaître le travail quotidien effectué par ces « bâtisseurs » engagés dans la lutte contre l’insalubrité dans plusieurs quartiers de la capitale.
Cette rémunération intervient alors que le Service national occupe une place de plus en plus importante dans la stratégie d’assainissement urbain mise en œuvre à Kinshasa. En juin dernier, plusieurs milliers de jeunes formés au centre de Kaniama-Kasese avaient été déployés dans la capitale pour participer aux travaux de nettoyage et d’entretien de la ville. La Présidence de la République a par ailleurs indiqué que ces opérations d’assainissement urbain étaient confiées à une Task Force du Service national.
De jeunes autrefois associés au phénomène « Kuluna » aux « bâtisseurs »
Au-delà du nettoyage des rues, cette initiative porte une dimension sociale particulière. Une partie des jeunes mobilisés est issue des programmes de rééducation et de réinsertion mis en place par le Service national pour des jeunes autrefois associés au phénomène du banditisme urbain communément appelé « Kuluna ».
L’objectif affiché est de transformer ces jeunes en acteurs productifs capables de contribuer au développement du pays. À Kaniama-Kasese, plus de 8 300 jeunes avaient déjà été formés au 31 juillet 2026, dont environ 4 000 participaient aux opérations de la Task Force à Kinshasa, selon l’Agence congolaise de presse.
Cette approche fait ainsi de l’assainissement un outil de réinsertion sociale : des jeunes autrefois considérés comme un problème sécuritaire sont progressivement orientés vers le travail, la discipline, la formation et le service à la collectivité.
Une vision portée par Félix Tshisekedi
Le dispositif s’inscrit dans la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi visant à faire du Service national un instrument de transformation et de réinsertion de la jeunesse.
Créé autour de la formation civique, professionnelle et productive, le Service national s’est notamment développé à Kaniama-Kasese, dans le Haut-Lomami, où des milliers de jeunes ont été formés. Le programme entend leur offrir une nouvelle perspective à travers l’apprentissage, notamment dans les domaines agricoles et les travaux d’intérêt collectif.
À Kinshasa, cette expérience prend désormais une dimension urbaine avec la mobilisation de plusieurs milliers de « bâtisseurs » pour contribuer à la salubrité de la capitale.
Une rémunération qui accompagne le travail de terrain
Le paiement des agents constitue également un élément important dans cette dynamique. En juin, des informations publiées au moment du déploiement des bâtisseurs faisaient état d’une rémunération mensuelle de 500 000 francs congolais, à laquelle pouvaient s’ajouter des primes liées aux prestations effectuées.
Le versement de leur rémunération apparaît ainsi comme un signal de reconnaissance envers ces jeunes qui participent quotidiennement aux opérations d’assainissement.
L’assainissement, un défi majeur pour Kinshasa
Pour une mégapole confrontée à une forte croissance démographique et à une importante production de déchets, la question de la salubrité demeure un défi majeur. L’intervention du Service national vient donc compléter les efforts des autorités provinciales et des différents services impliqués dans l’entretien de la ville.
La réussite de cette opération dépendra toutefois de sa continuité, de l’équipement des équipes, de la régularité de leur rémunération et surtout de la participation de la population à la préservation des espaces nettoyés.
Au-delà des rues débarrassées des déchets, l’expérience de ces bâtisseurs porte donc un message plus large : la jeunesse qui était hier perçue comme une menace peut devenir une force de travail et un acteur du développement lorsqu’elle bénéficie d’un encadrement, d’une formation et d’une véritable perspective d’avenir.
Avec cette Task Force, l’assainissement de Kinshasa devient ainsi aussi une expérience de réinsertion et de transformation sociale, conformément à l’ambition affichée par le chef de l’État de faire de la jeunesse congolaise un véritable moteur du développement national.Sources principales : Présidence de la RDC, ACP, Radio Okapi et informations publiées sur le déploiement des bâtisseurs.
Mike Kaniki
